Capoeira Regional

Les 7 toques les plus joués :

SÃO BENTO GRANDE DA REGIONAL

C’est le toque le plus connu de la Capoeira Régional. Il a été créé par Mestre Bimba et caractérise un jeu très rapide, viril et agile, un jeu d’attaques-réponses, un jeu ferme et décisif, c’est le jeu le plus effectif en combat.

C’est le rythme le plus souvent associé à la Régional (à tel point qu’on pense parfois que Régional = São Bento Grande de Régional).

Le « São Bento Grande da Régional » est le toque que l’on joue quand le rythme s’accélère ou quand le jeu devient plus agressif. Il est aussi très utilisé dans les démonstrations publiques, les rodas de rue, les événements… et est idéal pour les chansons énergiques.

 

BENGUELA

Autrefois prononcé « Banguela », le nom Benguela est issu de celui d’une province à l’ouest de l’Angola.

Ce toque a été créé par Mestre Bimba. Le jeu qui correspond à ce rythme n’avait pas été très développé à son époque, mais Bimba le définissait comme un jeu « de dentro », imbriqué et très technique. Il est le plus lent de la Capoeira Régional et caractérise un jeu beau et malicieux, assez proche du sol. Il est, avec le « São Bento Grande da Régional », l’un des toques les plus souvent utilisés dans la capoeira contemporaine.

La particularité de la Benguela est de « transformer » les mouvements pour se sortir des blocages de façon fluide. C’est ce qui en fait le style de jeu le plus technique de la Capoeira Régional, le plus difficile à jouer. En benguela, les coups « agressifs » (avec choc) ne sont pas admis (comme martelo, ponteira…). Aucun coup de pied ne peut en théorie dépasser la hauteur de la taille.

 

IUNA

Ce toque de la Capoeira Régional a été créé par Mestre Bimba, en s’inspirant du chant de l’oiseau « iúna ». Il l’avait créé à la base pour développer les huit séquences de la capoeira régional, pour les « baloes » et « cintura despresada ». A l’époque, seuls les élèves gradés pouvaient jouer ce toque. Aujourd’hui, beaucoup de gens le jouent de façon acrobatique, ce qui est une vraie dérive, mais à présent on distingue iúna lento, medio, rápido.

C’est un jeu qui se caractérise principalement par son côté esthétique mais sans pour autant oublier la technique. Les mouvements doivent être amples, souples, moins méfiants, CONTRÔLÉS (ce n’est pas le rythme dans lequel on essaye des mouvements qu’on ne maîtrise pas), et le jeu exige une coordination parfaite des mouvements, qui est seulement acquise après de nombreuses années de pratique. C’est pourquoi il n’est réservé qu’aux capoeiristes gradés. On doit le jouer avec respect. Il est généralement utilisé dans les cérémonies (Mestre Bimba avait pour coutume de remettre les grades à ses élèves sur ce toque) ou à la fin d’une roda. Dans ce rythme, on ne chante pas.

 

CAVALARIA

C’est le toque d’alerte. A l’époque de l’esclavage, ce toque était utilisé pour informer aux capoeiristes l’arrivée de l’administrateur et, pendant la République (quand la capoeira fut interdite), les capoeiristes utilisaient la « cavalaria » pour prévenir l’arrivée de la police montée, la cavalerie. Quand ils entendaient ce toque pendant leur entraînement au combat, ils se dispersaient ou transformaient leur jeu en dansant la Samba ou en faisant des « floreios », pour laisser croire qu’il ne s’agissait que d’un amusement. Dans certains groupes, on utilise maintenant ce toque pour informer le danger dans le jeu, la violence et la discorde à éviter. Il existe deux toques de Cavalaria.

 

AMAZONAS

C’est un toque de Capoeira Régional créé par Mestre Bimba. Le toque d’Amazonas caractérise un jeu où l’on imite le mouvement des animaux. Il y a certains animaux et déplacements de base mais cela ne se limite pas qu’à ça, la créativité des joueurs peut donner lieu à des mouvements inédits, tant que l’expression de l’animal imité y est. Au niveau du jeu, il n’y a pas de ginga; la « rapidité » est la même que pour la benguela, les coups de pied utilisés aussi. Mais il y a une grande différence. Contrairement à la benguela où l’on ferme son corps quand l’adversaire tente de pénétrer, ici le jeu doit être ouvert. C’est un jeu imbriqué, où les partenaires doivent passer l’un en dessous de l’autre, au dessus, par les côtés; entre les jambes, les bras… tout en bougeant comme un animal.

 

SANTA MARIA

(Également appelé « Apanha Laranja no chão, tico-tico »)

Ce toque a été repris par Mestre Bimba, mais il le nommait « Hino da Capoeira Régional » (Hymne de la Capoeira Régional).

Il est à présent associé à un jeu qui existe depuis longtemps. Actuellement, on le joue en plaçant un objet (généralement un caxixí) au milieu de la roda, que l’on doit attraper avec les dents. Celui qui le ramasse a gagné. L’adversaire doit l’empêcher en le bloquant, sans déplacer l’objet, ce qui en fait un jeu très technique. Autrefois, on n’hésitait pas à frapper la tête qui s’approchait du butin.

On ne chante normalement pas dans ce rythme.

 

IDALINA

C’est un toque créé par Mestre Bimba, mais il n’a pas eu le temps d’en définir les principes de jeu. On l’associe maintenant à un jeu qui était jadis pratiqué pour des affrontements mortels, avec des rasoirs ou des couteaux, aux pieds ou à la main. Les « maltas » qui s’affrontaient mettaient généralement un foulard en soie autour du cou au cas où une lame viendrait s’y attaquer, pour qu’elle y reste coincée.

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